Guillaume Meynet : « Il faut éviter que les mandats ne soient accaparés par un petit groupe »

Entretien avec Guillaume Meynet, sympathisant de droite et élève à Sciences Po Lyon.

 

Êtes-vous favorable à la fin du cumul des mandats ? Pourquoi ?

Je suis favorable à la mise en place d’un cumul des mandats plus restreint qu’il ne l’est aujourd’hui. J’estime en effet qu’une telle mesure favorisera l’accès de plus de personnes à des mandats électoraux tout en limitant les effets de la professionnalisation de la politique. En d’autres termes, éviter que les mandats ne soient accaparés par un petit groupe qui n’aurait pas d’autre activité professionnelle. De plus, le cumul amène nécessairement les personnes concernées à délaisser l’un de leurs mandats, comme en témoigne l’absentéisme à l’Assemblée Nationale ou au Sénat.

Le cumul des mandats divise à gauche comme à droite. Martine Aubry a demandé à ses élus de ne pas cumuler. Pensez-vous que le futur secrétaire général de l’UMP sera tenté d’appliquer une telle mesure ?

Etant donné que l’opinion est très largement favorable à une limitation du cumul, il me paraît très probable que le futur secrétaire général de l’UMP, quel que soit le résultat de l’élection interne adopte une posture similaire. De plus, une telle mesure paraît être un moyen stratégique pour rappeler au PS que certains de ses élus n’ont toujours pas tenu leur engagement (François Rebsamen ou Gérard Collomb, par exemple). Comme la droite est sortie perdante des élections locales tenues depuis 2004, elle aura d’autant moins de mal à pousser des élus moins nombreux à cumuler à mettre un terme à un de leurs mandats.

Certains défendent l’idée qu’un cumul des mandats aide à asseoir un ancrage local, qu’en pensez-vous ?

Je pense qu’une dérogation peut être admissible pour les sénateurs, étant donné que le Sénat représente les collectivités territoriales. Cependant, il ne me semble pas pertinent d’autoriser le cumul d’une présidence d’exécutif avec un mandat sénatorial, il serait dès lors possible de réserver le cumul à un conseiller municipal, conseiller général ou régional. 


Selon vous, la règle du non-cumul des mandats amènera-t-elle plus de démocratie en France ?

Si elle permet de favoriser l’accès d’un cercle plus large de personnes, à des mandats et partant à une connaissance plus diffuse des sujets d’intérêt général au sein de la population, je pense qu’il s’agira en effet d’une mesure positive.
Plus qu’un simple cumul des mandats, il faudrait selon moi aller plus loin, en limitant l’éligibilité dans le temps à un même mandat, afin d’éviter qu’une personne se présentant dans une circonscription acquise au parti qui l’investit, ne soit réélue année après année sans réellement laisser leur chance à d’autres. Une telle mesure éviterait le phénomène des notables.

Propos recueillis par  Thomas Diego Badia

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